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29 Juillet 2010
Le magazine des masseurs-kinésithérapeutes, physio-thérapeutes, ostéopathes |
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Le syndrome de l'essuie glace : traitement manuel
LE SYNDROME DE L’ESSUIE GLACE OU DE LA BANDELETTE ILIO-TIBIALE
Pathologie fréquente chez le sportif, elle l’oblige à l’arrêt de son activité. Malgré cela, cette pathologie considérée comme une tendinite ne cesse pas pour autant. Il s’agit d’une douleur isolée du compartiment externe aggravée par l'appui unipodal et flexion 30° ( test de Renne ). Elle se retrouve dans les sports avec mouvements répétés de flexion extension du genou ( vélo, aviron, course, ski…). Invalidante, elle nécessite un traitement spécifique que nous allons détailler ensemble dans ce numéro de Physio-Mag.
Il s’agit d’une tendinite de la bandelette ilio-tibiale (ou fascia lata), pouvant s’accompagner, dans 30 % des cas, d’une bursite.
Le fascia lata est épais, et enveloppe le muscle sartorius. C’est une bande fibreuse longitudinale qui prolonge latéralement le fascia glutéal. Il se termine sur le condyle latéral du tibia et donne insertion dans sa partie supérieure au muscle tenseur du fascia lata en avant, et au muscle grand fessier en arrière. L’appellation « syndrome de l’essuie glace » vient du fait qu’en extension du genou, la bandelette ilio-tibiale est située en avant de la tubérosité du condyle externe, et qu’en flexion, celle ci glisse sous le condyle externe à la manière d’un essuie glace. Ainsi, à chaque mouvement de flexion-extension du genou, il y aura un conflit entre la bandelette ilio-tibiale et le condyle externe. L’examen clinique révèle un genou sec, de mobilité normale, et permet donc d’éliminer les signes méniscaux, une instabilité latérale, une souffrance fémoro-patellaire ou tout autre tendinite (biceps, poplité…). Des troubles statiques, comme un genu varum plus ou moins associé à un valgus calcanéen, peuvent être mis en évidence en appui unipodal. Cette bandelette balaie la zone située en dessous d’elle, le condyle externe, partie basse et externe du fémur. La douleur est située au niveau du compartiment externe du genou , son intensité est variable . Lorsque le sujet effectue une course à pied, il constate pour une distance qui est habituellement toujours la même, une douleur importante située au niveau du compartiment externe de son genou, qui le contraint à arrêter sa course. Dès l’arrêt de cette activité, la douleur diminue voire s’estompe totalement. Elle peut cependant parfois être moins typique et persister en dehors de l’effort. Lors de l’examen du genou, on est surpris de constater qu’il n’existe aucune douleur particulière. Pour retrouver la douleur habituelle, il faut alors effectuer des manœuvres spécifiques. Le test de RENNE, consiste lors d’un appui unipodal du genou incriminé, à effectuer des mouvements de flexion extension, autour de 30°. La douleur élective peut être également réveillée par la pression exercée avec les doigts au niveau du condyle externe, 3 cm environ au dessus de l’interligne, lors de l’extension passive à 30° de flexion. Il s’agit du test de NOBLE . Il est parfois perçu un crissement sous le doigt . Les radiographies sont habituellement normales. Le traitement kinésithérapique classique associe physiothérapie locale, glaçage, étirements spécifiques. Le traitement médical peut être local, par application d’anti-inflammatoires, ou ceux-ci peuvent être prescrit par voie générale. Dans les cas rebelles, une ou deux infiltrations effectuées au niveau de la zone d’inflammation sont nécessaires. La mésothérapie est également utilisée. Traitements manuels: Nous allons maintenant détailler les différents traitements manuels possibles. Ces traitements ont été utilisés seuls par beaucoup de praticiens et avec de très bons résultats au sein de structures professionnelles dans les sports suivants: athlétisme, football, ski, cyclisme. Massage de la bandelette ilio-tibiale : Voir la vidéo >> Objectif : obtenir un relâchement rapide de cette bandelette. Patient : décubitus latéral côté sain. Genou de la jambe saine en semi flexion. Côté atteint en extension genou reposant sur le genou inférieur. Massage à l’huile de haut en bas. Ce massage doit d’abord être doux puis de plus en plus profond. On le démarre avec la paume de la main pour finir avec la tête des métacarpiens. La sensation pour le patient est relativement douloureuse mais inévitable. Il est bien sûr possible de limiter cette douleur en passant plus de temps et avec une progression dans la profondeur plus lente. Des pauses peuvent être réalisées afin de rendre le traitement plus supportable. Au cours de ces pauses, il est possible de glacer la cuisse afin d’obtenir un effet analgésique. Le traitement doit durer de 10 à 15 minutes pour obtenir un résultat rapide. Sachez que chez les femmes présentant un peu de cellulite sur cette zone (ce qui est fréquent), des ecchymoses peuvent apparaître dans les jours qui suivent le traitement. Il vaut mieux prévenir ces patientes afin qu’elles ne s’inquiètent pas de cela. Mobilisation du TFL : Voir la vidéo >> Objectif : restaurer les espaces de glissement entre les aponévroses des muscles voisins. En effet, dans ce type de pathologie, il est fréquent de retrouver une limitation des glissements entre les différentes loges musculaires. Cette absence de glissement entretient les douleurs et l’inflammation du tendon. Patient : décubitus dorsal. Praticien : côté opposé, à hauteur de la cuisse. Avec la main céphalique, fixer le bassin. Avec la main caudale, empaumer le TFL et rechercher des mouvements de glissement antéro-postérieur. Cette manœuvre sera pratiquée sur toute la hauteur de la cuisse à la recherche de limitation des possibilités de glissement de ce TFL. Là où il y a limitation insister jusqu'à obtenir un glissement satisfaisant. Cette technique devrait être indolore en l’absence de pathologie. Elle le devient lorsqu’il y a adhérence. A la fin de la séance, il faut avoir obtenu une homogénéité dans les possibilités de mouvement de cette bandelette. Crochetage : Voir la vidéo >> Objectif : restaurer les espaces de glissement avec les muscles voisins. Technique déjà présentée dans notre publication, elle est particulièrement indiquée dans cette pathologie. Elle permet de libérer des adhérences que nous n’aurions pas réussi à traiter manuellement. Il est nécessaire de faire un crochetage sur les deux bords, antérieur et postérieur. Étirement du TFL : Voir la vidéo >> Les auto-étirements ne sont pas aisés et en pratique ne donnent pas les résultats attendus. Nous préférons donc les étirements passifs pratiqués par le thérapeute. Position du patient : décubitus dorsal Praticien : côté opposé à la cuisse à traiter. De la main céphalique, maintenir l’épine iliaque antéro-supérieure de la hanche concernée. De la main caudale, saisir le talon par sa face externe. Technique : amener la hanche en flexion, adduction et appliquer une force sur la cheville la mettant en varus. Maintenir la position 10 secondes et demander au patient de respirer pour confirmer l’étirement. Lundi 12 Mars 2007
Physio Mag
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