09 Mai 2008

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EKMAN THERAPY : Technique de crochetage musculo-aponévrotique



EKMAN THERAPY : Technique de crochetage musculo-aponévrotique
Technique de choix pour les masseurs-kinésithérapeutes, cette approche est malheureusement peu développée en France. Que ce soit en rhumatologie, traumatologie, ou kinésithérapie du sport, cette méthode devrait, comme c'est le cas en Belgique, être présentée aux élèves en masso-kinésithérapie. Nous allons vous présenter succinctement cette technique.
Kurt Ekman, était un thérapeute manuel suédois proche du Docteur Cyriax. Ayant compris la précison de la recherche du Dr Cyriax quant à la lésion anatomique, il a mis au point des outils permettant de traiter cette lésion tissulaire. La lésion décrite par le Dr. Cyriax est d'origine conjonctive. Il est intéressant de noter qu'encore une fois, le conjonctif fait l'objet de traitement.

Voir des vidéos de la technique

Il existe différents types de crochets :

Il a donc recherché des outils pouvant agir localement et précisément là où la main ne peut pas aller. Les espaces inter-musculaires entre les aponévroses sont en effet difficiles d'accès et pourtant de leur liberté de glissement dépend la bonne physiologie d'un groupe musculaire ou d'une articulation. Il en est de même pour les relations tendons-muscles et leurs insertions osseuses. A force de recherches, il a fini par fabriquer des crochets de différentes tailles et différentes formes pouvant s'adapter à l'anatomie de chaque région du corps. Les crochets ont d'abord été métalliques. Mais l'aspect et la sensation ressentie par le patient n'étaient pas toujours appréciés.

Par la suite, Jules Boone eut l'idée de faire fabriquer des crochets en plastique rigide. Ce qui apportait un confort d'utilisation et de contact avec le patient.

Les crochets que vous voyez ci-dessous sur la photo sont également des crochets souples mais en PVC. Ils ont l'avantage d'être incassables et de présenter une capacité de souplesse facilitant le travail. Ces crochets sont ceux utilisés par la société de formations en thérapie manuelle KINE-FORMATIONS.

Savoir quel est le meilleur crochet n'est pas aisé. Dans la pratique, on utilise souvent ceux sur lesquels le nous avons été formé. Ils ont tous la même efficacité. Ce qui importe le plus , c'est la dextérité du praticien, la précision de son geste et la bonne connaissance de son anatomie.

Modes d'action :

L'utilisation de la technique de crochetage repose sur l'action précise appliquée sur le tissu conjonctif. Nous reviendrons souvent sur ce tissu si essentiel à la bonne santé et tissu de prédilection pour le thérapeute manuel.

Action sur les espaces de glissement :

La notion de lésion développée par les ostéopathes correspond bien au concept développé dans la technique de crochetage. Considérant la lésion ostéopathique comme une modification de la capacité de mouvement entre deux structures, le crochetage a pour objectif de restaurer cette mobilité perdue. Le crochetage a ceci de particulier, qu'il est en mesure de traiter des zones très fibrosées comme des zones cicatricielles. Qu'il s'agisse de cicatrices opératoires ou de cicatrices tissulaires faisant suite à un traumatisme.
Ceci est particulièrement vrai en kinésithérapie du sport où le praticien doit traiter des lésions musculaires souvent récidivantes. Une des causes de ces récidives est justement une diminution des capacités de glissement des plans musculaires ente eux. Ce sont alors les cicatrices aponévrotiques qui sont en cause. Les solutions sont alors limitées pour défibroser ces plans de glissement. Le crochet trouve là toute son utilité en permettant d'aller crocheter un muscle, et grâce aux mouvements rythmiques du praticien, de faire céder des adhérences sous-jacentes.
Ce travail semble donc indispensable dans tout traitement de lésions myo-aponévrotiques (parfois appelées déchirures musculaires).

Considérons l'épicondylite :

Pathologie souvent rencontrée dans les cabinets de kinésithérapie ou d'ostéopathie, chacun la traite de manière différente en fonction de ses compétences et techniques. Malgré tout, il n'est pas rare de voir les choses traîner avec des traitements divers et variés.

Au fil du temps s'installe sur ce coude et en particulier sur les muscles et tendons du coude un inflammation chronique modifiant la structure des différents acteurs. Les espaces de glissement diminuent et entretiennent le phénomène.
Quelle que soit notre approche thérapeutique, il peut alors être utile de restaurer les espaces de glissement, et de libérer les adhérences provoquées par une inflammation devenue chronique. Le traitement portera alors sur chacun des petits muscles du coude et au dire des praticiens, les résultats sont rapides et durables. Ceci n'empêchant pas de considérer notre patient et sa pathologie dans une globalité.

Action neuro-végétative :

Le tissu conjonctif est une interface essentielle dans le corps humain. Il informe, nourrit, protège, soutient, entretient… Un de ses rôles est un rôle en relation avec le système neuro-végétatif. Toute douleur, ou lésion d'une partie du corps est associée plus ou moins rapidement à une modification de l'état neuro-végétatif. Cette modification sera, si elle n'est pas considérée par le praticien, source de chronicité. Il est donc important d'avoir une action sur ce système. D'autant que nos patients viennennt fréquemment dans une situation de chronicité installée. Il est donc utile d'agir afin de redonner au corps l'ensemble de ses capacités.
L'action du crochet est tout à fait indiquée pour cela en agissant sur des zones intermédiaires en relation avec le système nerveux. La rythmicité du geste pourra déterminer l'action inhibitrice ou activatrice recherchée.

Indications :

Vous l'avez compris, les indications sont multiples et la formation à la technique indispensable.

Epicondylite, épitrochléite, canal carpien, PSH, maladie de Dupuytren, canal de Gyon, algodystrophie, déchirure musculaire, NCB, tendinite achilléenne, périostite, pubalgie maladie de Morton, occipitalgie, migraine, sciatalgie, torticolis, traitement des cicatrices…


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Mercredi 10 Janvier 2007
Thierry Blain
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