Non, le stérilet au cuivre n’est pas dangereux pour la grande majorité des femmes. C’est une contraception sans hormones, très efficace, dont l’inconvénient principal concerne les règles. Les complications sérieuses existent, mais elles restent rares et se concentrent à des moments précis, surtout autour de la pose.
Le stérilet au cuivre est-il dangereux pour la santé ?
Le dispositif intra-utérin (DIU) au cuivre agit sans hormone : le cuivre rend les spermatozoïdes inactifs et gêne la nidation. Il ne modifie pas le cycle ovulatoire.
Son efficacité est élevée, avec un taux de grossesse cumulé inférieur à 2 % sur 12 ans d’utilisation. La durée d’action dépend du modèle : certains restent en place 5 ans, d’autres 10 ans.
La Haute Autorité de santé recommande le DIU au cuivre en première intention, en l’absence de contre-indication. C’est un signal clair : le rapport entre bénéfices et risques est jugé favorable.
Règles plus longues et plus douloureuses : l’effet le plus fréquent
L’inconvénient le plus courant du stérilet au cuivre est une augmentation du flux menstruel, de 50 à 80 mL par mois en moyenne, avec des crampes parfois plus fortes. Des saignements entre les règles sont possibles, surtout les premiers mois.
Les anti-inflammatoires comme l’ibuprofène soulagent souvent les douleurs. Certaines substances accentuent les saignements, comme le ginkgo biloba et ses effets sur la coagulation, qu’il vaut mieux éviter quand les règles sont déjà abondantes.
On sait que le stérilet n’est pas supporté quand les règles très abondantes persistent, qu’elles s’accompagnent de fatigue ou de signes d’anémie, ou que les douleurs ne passent pas. Une consultation permet alors de décider du retrait ou d’un autre mode de contraception.
Infection, perforation, expulsion : les complications rares
Le risque infectieux se concentre dans les semaines qui suivent la pose, surtout dans les 20 premiers jours. Les infections génitales hautes touchent 0 à 0,5 % des femmes à 6 mois, et elles sont liées le plus souvent à une infection sexuellement transmissible déjà présente au moment de la pose. Un dépistage du chlamydia et du gonocoque est conseillé en cas de facteur de risque. Le respect de l’asepsie, notamment avec des gants stériles portés par le professionnel, limite ce risque.
La perforation de l’utérus est rare : moins de 2 pour 1 000 poses. Elle survient en général pendant la pose elle-même et ne semble pas plus fréquente chez les femmes qui n’ont jamais eu d’enfant.
L’expulsion concerne moins de 5 % des femmes la première année. Elle est plus fréquente chez les moins de 20 ans et quand les règles sont très abondantes. Un contrôle des fils à 6 semaines vérifie que le stérilet est bien en place.
Si une grossesse survient malgré le stérilet, le risque de grossesse extra-utérine est augmenté et une évaluation médicale rapide s’impose. Si la grossesse se poursuit, le stérilet est retiré dès que possible.

Poids, cuivre dans le sang, stérilité : les idées reçues
Le stérilet au cuivre ne contient aucune hormone, donc il n’y a pas de mécanisme qui explique une prise de poids. Le cuivre agit localement dans l’utérus, et rien n’indique une intoxication au cuivre chez les femmes qui le portent.
Un stérilet n’augmente pas le risque d’infertilité, et il peut être posé chez une femme qui n’a pas eu d’enfant. Les sociétés savantes jugent cette prescription possible et sans risque particulier.

Qui ne doit pas porter de stérilet au cuivre
Certaines situations contre-indiquent le stérilet au cuivre, parce que le risque de complication dépasse le bénéfice :
- une infection génitale ou pelvienne en cours, ou récente après un accouchement ou un avortement ;
- une anomalie de la cavité utérine qui empêche la pose ;
- des saignements vaginaux inexpliqués, tant que la cause n’est pas trouvée ;
- un cancer du col ou de l’endomètre connu ;
- une allergie au cuivre ou une maladie de Wilson.
Dans ces cas, le médecin ou la sage-femme propose une autre méthode. Le choix entre stérilet au cuivre et stérilet hormonal dépend aussi du profil : des règles déjà abondantes orientent plutôt vers une autre option que le cuivre.
Stérilet au cuivre périmé : que risque-t-on ?
Un stérilet a une durée d’utilisation fixée selon son modèle. Une fois cette date passée, la protection contre la grossesse n’est plus garantie : le risque n’est pas tant une toxicité qu’une contraception qui s’affaiblit.
Le plus simple est de noter la date de fin dès la pose et de prendre rendez-vous quelques semaines avant. Pour continuer la contraception, un nouveau stérilet est posé juste après le retrait de l’ancien.
Le coût du dispositif et de la consultation dépend de la prise en charge de l’Assurance maladie, à vérifier auprès d’elle ou de votre complémentaire. Pour qui n’est pas affilié, la couverture santé sans Sécurité sociale change la manière de budgéter cette dépense.
Les signes qui doivent faire consulter rapidement
Certains signes demandent une consultation sans attendre :
- de la fièvre, des pertes malodorantes ou des douleurs pelviennes vives, qui évoquent une infection ;
- des fils introuvables ou plus longs qu’avant, qui peuvent indiquer un déplacement ;
- un retard de règles de plus de 10 jours, qui impose d’écarter une grossesse ;
- des douleurs pendant les rapports.
Des douleurs pelviennes qui durent justifient un avis spécialisé, par exemple en pelvi-périnéologie. Un contrôle des fils 6 semaines après la pose, puis une visite annuelle, suffisent ensuite à surveiller le stérilet.

